• Sur cette carte anonyme de la Nouvelle-France tracée vers 1720, les cinq Grands Lacs sont reproduits sous une forme passablement altérée. On y remarque aussi des cartouches de la ville de Québec, capitale du pays. Plusieurs cours d'eau imaginaires sillonnent la région correspondant au nord de l'actuelle province de Québec.

    Outre la Nouvelle France composé notamment de la Louisiane et du Canada, on observe à l'est, sur la côte, les colonies britannique qui deviendront plus tard, les 13 états fondateurs des Etats-Unis d'Amérique. (Archives nationales du Canada, NMC-104138)



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  • La Nouvelle-France désignait l'ensemble des territoires de l'Amérique du Nord sous administration française, avant 1763. Dans sa plus grande dimension, avant le Traité d'Utrecht (1713), la Nouvelle-France comprenait cinq colonies possédant, chacune, une administration propre : le Canada, l'Acadie, la Baie d'Hudson, Terre-Neuve, la Louisiane. La frontière occidentale de ces colonies était ouverte sur tout l'ouest du continent, sans délimitation précise. Cet immense territoire, administré par le Secrétariat d'Etat à la Marine, avait son gouvernement à Québec.

    L'histoire de la Nouvelle-France est étroitement associée à celle l'exploration de l'Amérique du Nord. Le terme de Nouvelle France ou Nova Franza apparaît sur les cartes des premiers navigateurs vers ce continent. Giovanni Verrazzano, premier explorateur mandaté par le roi de France, décrivit la côte allant de la Floride jusqu'à Terre-Neuve et donna le nom de Nouvelle-France à un territoire intérieur indéterminé. C'était en 1524. Dix ans plus tard, le malouin Jacques Cartier découvrit le golfe du Saint-Laurent et remonta le cours du fleuve, lors de deux voyages sucessifs. Le Canada, à son tour, était ainsi nommé, bien que les tenants et aboutissants en restent encore imprécis.

    Quand des établissements permanents furent fondés, à partir de 1603, en Acadie (Nouvelle-Écosse), les nouveaux habitants n'étaient pas en territoire totalement inconnu, ayant déjà fréquenté les côtes et les autochtones depuis près d'un siècle.Un autre siècle sera nécessaire pour que la Nouvelle-France atteigne sa pleine maturité. L'espoir de la France, comme d'ailleurs des autres puissances européennes, était de traverser le continent afin d'atteindre la mer de l'Ouest qui, pensait-on, donnerait accès à l'Asie.

    Le royaume de Louis XIV se croyait en position favorable bénéficiant de cette immense voie navigable qu'étaient le fleuve Saint-Laurent et les Grands Lacs, alors que l'Angleterre, pour sa part, cherchait un passage au Nord-Ouest.

    La petite colonie de la vallée du Saint-Laurent servit donc de base de départ pour l'exploration et l'expansion territoriale, vers le Nord, jusqu'à la baie d'Hudson et vers le Sud, jusqu'au golfe du Mexique (voir carte). Ainsi, en 1700, la Nouvelle-France avait atteint ses dimensions maximales et entretenait des ambitions pour de nouvelles explorations à l'ouest du Mississipi et des Grands Lacs. Au milieu du XVIIIe siècle, les Français avaient reconnu des terres allant jusqu'aux contreforts des Montages Rocheuses.



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  • L'accord conclu lundi soir pour mettre fin au volet pénal de l'affaire Executive Life a beau être historique par le montant des sommes en jeu, il n'est pas le premier compromis du genre conclu entre la France et les Etats-Unis. A peine devenu Premier Consul, Bonaparte trouva sur son bureau le dossier d'un lourd contentieux financier lié à l'arraisonnement, quelques années plus tôt par les révolutionnaires français, de navires américains. Avec l'aide de son frère Joseph, il parvint à trouver rapidement une issue à ce conflit. Ce qui déboucha par la signature, le 30 septembre 1800, de la convention de Mortefontaine, prévoyant le paiement de lourdes indemnités au profit des Etats-Unis.

    Mais les caisses de la France, largement sollicitées pour les conquêtes du futur empereur étaient désespérément vides. La solution se présenta au printemps 1803, lorsque Barbé-Marbois, ministre du Trésor et ancien consul de France à Philadelphie, entreprit des négociations avec Jefferson pour céder la Louisiane française qui couvrait alors un petit tiers du territoire américain et s'étendait de la Nouvelle-Orléans à l'actuel Dakota du Nord et même au Montana. L'accord final, conclu le 30 avril 1803, prévoyait donc le rachat par les Américains pour 80 millions de francs de l'époque ou 15 millions de dollars (le billet vert valait alors 5,33 francs, c'est-à-dire autant qu'aujourd'hui) d'un territoire grand comme quatre fois la France. Mais le Trésor français n'encaissa finalement que 60 millions de francs, le solde servant à régler les fameuses indemnités de Mortefontaine. Et le 20 décembre 1803, il y a deux cents ans, presque jour pour jour, le drapeau français était définitivement descendu de l'hôtel de ville de la Nouvelle-Orléans, pendant que le drapeau américain y était solennellement hissé.

    Que représenteraient aujourd'hui ces 60 millions de francs de 1803 ? En fait, tout au long du XIXe siècle, la valeur de ces francs - les fameux francs germinal, nés eux aussi en 1803 - est restée la même. Et si l'on en croit les tables d'équivalence produites par l'Insee, les francs de 1900 correspondent à 3,2 euros d'aujourd'hui. La valeur actuelle de la Louisiane serait donc de 192 millions d'euros, c'est-à-dire 236 millions de dollars. Le contentieux né autour de cette obscure compagnie californienne va donc coûter à l'Etat français, via le CDR, exactement deux fois plus que ce que nous avait rapporté, il y a deux siècles, la vente de cette colonie du Mississippi conquise sur ordre de Louis XIV. Et cette fois-ci le drapeau français n'a eu besoin ni de tambour ni de trompette pour être amené de son mât.

    YVES DE KERDREL



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  • Près de deux siècles et demi après la déportation des Acadiens, Ottawa a reconnu mercredi les «torts historiques» infligés à ces Canadiens francophones. C'est le dernier cadeau de Noël de Jean Chrétien à ses concitoyens de la Nouvelle-Ecosse et du Nouveau-Brunswick. «Attendu que, le 28 juillet 1755, la Couronne, dans le cadre de l'administration des affaires de la colonie britannique de la Nouvelle-Ecosse, a pris la décision de déporter les Acadiens...» Une «proclamation royale» désigne le 28 juillet comme jour de commémoration du grand dérangement, nom donné à la déportation massive des Acadiens entre 1755 et 1763. Ce texte du gouvernement du Canada reconnaît «les torts historiques» infligés aux Acadiens. Lorsque la colonie française de l'Acadie, aujourd'hui partagée entre les provinces de la Nouvelle-Ecosse et du Nouveau-Brunswick, passe sous le joug britannique au XVIIIe siècle, Londres voit d'un mauvais oeil ces paysans catholiques et francophones qui refusent l'allégeance à la Couronne. Plus de 10 000 Acadiens sont embarqués de force vers l'Angleterre ou les colonies britanniques de la côte américaine. Plus de la moitié d'entre eux mourront dans des camps de prisonniers ou durant la traversée. Depuis des décennies, les Acadiens tentaient en vain de faire reconnaître leurs souffrances par l'Angleterre. Ils n'ont réussi qu'à moitié. Seul le gouvernement du Canada officialise leurs malheurs. La reine Elisabeth II ne signera pas la proclamation royale et ne viendra probablement pas la lire en 2005 pour la commémoration du grand dérangement, comme l'y invite Sheila Copps, le ministre du Patrimoine canadien. «Ensemble, nous travaillons à nous réconcilier avec notre passé, nous tournons la page sur l'un des moments les plus sombres de notre histoire collective», a déclaré le ministre. «Nous ne pouvons pas effacer les erreurs du passé mais nous pouvons créer un meilleur Canada en les comprenant», a-t-elle ajouté.

    La reconnaissance du grand dérangement intervient alors que le Canada et la France vont célébrer en 2004 le 400e anniversaire du premier établissement français en Amérique du Nord et à quelques jours du bicentenaire de la cession par Napoléon Bonaparte aux Etats-Unis de la Louisiane, territoire où de nombreux Acadiens s'installèrent et où ils sont à l'origine de la culture cajun.



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